Déjà dans les années 50, on skiait Murdoch. La première pente est enfouie sous les tonnes de sédiments qu'on aperçoit de l'autre côté de la ville.
Le centre actuel, aménagé sur le mont Miller, n'a littéralement pas changé depuis 1964. Et il domine majestueusement l'endroit.
À Murdoch, on skie au bout de la rue
Même pas besoin de sortir son char du garage. Avec son unique Poma, son chalet qui nous éloigne à jamais du ski industriel actuel, ses bancs de neige qui dépassent
souvent les maisons et son dénivelé de 660 mètres, le mont Miller ne manque pas de charme.
La vue, à 858 mètres, est absolument inoubliable : vous embrassez une véritable
mer de montagnes gelées, où toute présence humaine est exclue. On se sent au bout du monde. Et ici, vous êtes, littéralement, à l'endroit où il neige le plus au Québec.
La moyenne locale est de 516 cm, et les bordées d'un mètre sont courantes. En avril 1975, il est tombé 87 centimètres de neige en 24h. Parfois, il faut pelleter pour dégagerle Poma !
C'est que le chalet de deux étages, parfois complètement recouvert de neige, est déjà à 660 mètres d'altitude; le sommet du Poma à 831 mètres. Il y a tellement de neige
que les bénévoles ne dament que la moitié des pistes. Les autres sont la plupart du temps remplis de poudreuse, qui atteint très, très souvent les genoux, parfois la cuisse.
Et si vous êtes chanceux, vous pouvez croiser un lynx ou un lièvre qui sort des épinettes naines ou des bouleaux de ce paradis pour télémarqueurs.
Et puis il y a les gens. Tout le monde se connaît. Le soir, on vous invite à cuire votre saucisse ou votre guimauve dans le foyer du chalet tout en bois. On fini par confondre les sept employés aves les clients et les bénévoles. On discute des incroyables virées qu'on a faites sur des pistes poussives ou carrément épouventables, de véritables
murs étroits comme un trottoir, comme la Fourchue ou la Cahoteuse. La Trotue et la Tripante, de même que la Banane, laissent aussi des souvenirs impérissables.Article tiré du Ski Presse Pré-saison 2003